Le parque El Cubano

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Cuba - Trinidad
de Isadan, le 20-07-2006

Le parque El Cubano

Le réveil retentit à 5 H 00 ! Dur dur. C'est ça le voyage. Nous décollons de la casa à 5 H 30 ; la famille s’est levée et nous en sommes très touchés. Les cubains ont un caractère affectueux ; les hommes sont machos et s’adressent la plupart du temps à dada plutôt qu’à moi mais lors des au revoirs ; ils sont affectueux tant avec l’un qu’avec l’autre. Cela nous fait un peu drôle au petit cœur de les quitter même si à notre regret, nous n’avons pu que peu échanger au vu de notre pauvre espagnol. Les reverrons nous un jour ? nous ne le savons pas et je pense que c’est ça qui nous émeut ; nous deux âmes bien humainement sensibles…

Nous cherchons la gare au petit matin ; demandons à un policier pas réveillé qui nous guide mal. Il nous répond en fonctionnaire cubain : en hochant de la tête sans expliquer mais en hochant de la même manière à différentes questions… Cuba es Cuba !

Deux cubains déjà en route également nous indiquent la gare beaucoup plus précisément et nous voici arrivés. Cette fois ci nous allons découvrir la compagnie astro qui transporte des touristes mais aussi des cubains. La station est plus vieille et plus triste ; le bus également.

Il y a trop de monde pour le bus et la priorité étant donnée aux touristes, les cubains restent debout. Cela me gêne un peu mais on voit que les cubains sont habitués et j’ai peur de mal faire en proposant ma place. En tous les cas, voyager ainsi nous rapproche du peuple cubain et cela nous plait. Nous partons pour 85 km.

La végétation est luxuriante, nous nous enfonçons dans le pays, voyons apparaître les montagnes, somnolons et après de multes arrêts pour la population locale ; ce qui nous permet de découvrir toutes sortes de bourgades que nous n’aurions pas vu avec notre voiture ; nous découvrons la mer des Caraïbes et arrivons à Trinidad (prononcé Trinida) un peu avant 8 H 30. Nous nous faisons d’ailleurs la réflexion qu’en voiture, nous n’aurions jamais pris la route de si bonne heure et n’aurions de ce fait pas découvert et visité autant..

Afin de fuir les jineteros, nous sortons de la gare par l’arrière et cherchons la casa particular. Nous découvrons une ville magnifique aux rues pavées, pleines de maisons colorées, une ville hors du temps avec des caballeros (cavaliers à cheval), des carrioles à chevaux à foison ou vélos. Nous sentons dès lors une ville arriérée comme si elle était à l’écart des autres villes du pays.

Nous parvenons à pieds toujours, ce moyen de transport nous permettant la découverte plus en avant de chaque recoin des villes, à la casa mentionnée par notre correspondant. Il n’y a évidemment pas de chambre libre et on nous conduit à celle de laquelle j’écris ce soir. Nous sommes très bien accueillis avec plus de simplicité que la correspondante de trinidad que nous venons de rencontrer. Petit aparté : nous nous rendons compte que depuis le départ, chacun des correspondants de cubalinda qui aurait du nous accueillir vit de manière aisée et a un côté assez « snob » même si ce mot n’est pas le plus approprié.

Notre hôtesse, enceinte, accepte de nous préparer un petit déjeuner composé de jus de mangues, pain, œufs, café noir et café au lait et nous demande de patienter pour les bagages ; la chambre étant encore occupée par les précédents locataires.
Nous lui expliquons que nous allons partir à la journée au parque El Cubano afin de voir la cascade.

Il y a de nombreux oiseaux dans la casa, beaucoup de plantes, deux chiens et on sent une maison vivante.

Nous voici en route pour le parque el cubano. Le guide du routard indique 7 km. Un taxi se propose de nous y mener mais demande 15 CUC et nous attendra sur place. Ceci nous ennuie un peu, nous y allons donc à pieds.

La route est jonchée de grosses pierres, fatigante, nous sommes guidés par une drôle de cubaine dont nous ne comprenons pas tout mais nous sommes bien guidés. Pour parvenir à ce parc, nous traversons une jolie végétation ; nous nous sentons cubains au milieu des cubains. Le soleil darde de ses rayons, nous buvons régulièrement, avons mal aux pieds parce que n’avions pas prévu la marche et n’avons donc pas les bonnes chaussures mais sommes heureux de vivre ainsi. Nous n’en revenons pas de marcher dans une petite jungle des caraïbes. Le paysage est composé de plantes grasses beaucoup plus grandes que celles vendues en France, puisque dans leur milieu naturel. Nous observons également des flamboyants, magnifiques arbres aux petites fleurs rouges, des palmiers et ainsi du chemin jusqu’au sommet de la montagne dominant notre route. Nous voyons passer quelques voitures mais il y a effectivement des endroits où un 4*4 aurait été approprié…

L’arrivée au parque est magique ; nous payons l’entrée de 6,5 CUC servant à la préservation du site et sommes de ce fait fiers de participer à cette action.
Le parc est grandiose et magnifique, sauvage, d’antan, une jungle. C’est calme et à la fois fort vivant de par cette nature riche et variée. Nous décidons de marcher avant d’éventuellement déjeuner au restaurant où est servi le poisson chat spécialité de l’endroit. Nous parcourons le camino (chemin) jusqu’à la cascade : traversées de pont, de rivière, les pieds dans l’eau, « escalade », les escaliers étant naturels et basés sur les rochers inhérents au site. Tout ceci à la suite d’un groupe d’irlandaises que nous aidons et avec qui nous échangeons.

Cuba est décidément une terre de contraste. Comment imaginer qu’en quittant une route et en prenant un simple virage à droite après avoir marché sur un chemin de grosses pierres nous découvririons un tel site en bas d’une montagne ? C’est réellement magique.

Nous découvrons enfin la cascade, nous baignons à sa chute, nageons vers elle ! magnifique, unique ! comme dit dada. Nous nous sentons au bout du monde, devons parler plus fort de part le bruit de l’eau coulant avec force.

Malgré l’orage lors du retour et une chute dans la boue, nous profitons du coin et de ce moment qui restera gravé en nos mémoires. Le site est vraiment préservé : les poubelles sont en bois, les chemins respectent la nature et sont faits à base des matériaux naturels du coin. Tout est en fait conçu dans la lignée du développement durable.

De retour au départ du parcours, nous n'avons que peu d'appétit et ne souhaitons pas trop manger le midi au vu des repas copieux servis par les casa.
Nous optons donc pour une bucanero et quelques prince (tant pis pour le poisson chat) que nous dégustons au rythme de la salsa jouée dans le restaurant juste à côté de nous.

Nous apercevons les irlandaises et dada se demande si elles ont une voiture et si éventuellement elles pourraient nous ramener. Je suis mal à l'aise sur le fait de demander mais c'est vrai que pourquoi pas ? Finalement nous les voyons partir en taxi ; regardons s'il y en a un autre mais de toutes les manières pensions rentrer à pieds. Nous empruntons un chemin raccourci, arrivons à une voie sans issue mais un cubain se baignant dans un tout petit plan d'eau nous guide jusqu'à un champ. Nous passons sur ses conseils sous les barbelés ; croisons les propriétaires qui nous sourient (ce qui nous étonne par rapport à nos campagnes bien plus coincées) ; traversons la montagne, les paysages sont magnifiques, croisons de nombreux cubains qui nous regardent, étonnés et parvenons au village par le côté le plus populaire et le plus pauvre. Des enfants nous accostent demandant des caramelas. Nous leur offrons ce que nous avons : stylos et savon et poursuivons notre chemin. Nous sommes fatigués physiquement mais comblés moralement. Nous percevons toujours plus l'âme cubaine en empruntant les mêmes chemins qu'eux.

Cette ville est vraiment hors du temps, les rues sont emplies de maisons très pauvres et plus riches cohabitant ainsi sans verrous aux portes. L'eau vient de nulle part sur les pavés de la rue. Nous retournons à la casa un moment. Les personnes présentes dans la maison sont différentes de celles du matin. C'est, nous le découvrons le propre de la vie familiale cubaine. Chacun cohabite avec l'autre ; du plus jeune au plus vieux dans la bonne humeur apparemment.

Nous ressortons boir un cacchanchara au café portant le même nom. Cette boisson est sans plus par rapport au mojito même si elle est également à la base de rhum. Le repas est copieux une fois de plus. repas de Pescado (poisson) avec soupe aux haricots en entrée ! Nous offrons à la jeune soeur de notre hôtesse des échantillons et elle est particulièrement ravie, a ses yeux qui brillent en expliquant qu'à cuba les crèmes ne sont pas bonnes et qu'il n'y en a pas beaucoup.

Nous la saluons et sortons en direction de la casa de la musica. Une fois de plus nous remarquons certains cotés étranges de ce pays. Par exemple des téléphones sortant de nulle part sont dans les rues accrochés directement aux murs. Il est vrai que téléphoner à cuba pour les cubains via le téléphone cubain ne coûte quasiment rien et que peut être chaque foyer n'a pas de combiné chez soi. Dans chaque famille chez qui nous avons dormi, les cubaines téléphonaient énormément mais jamais via un portable qui coûte beaucoup plus cher.

La casa de la musica est fidèle à ce qu'en dit le guide du routard. Les gens s'assoient sur les marches jouxtant la cathédrale ; des tables sont installées sous le ciel étoilé ; un groupe joue et chacun sirote soit un mojito, soit une bière soit un coca en écoutant la musique et en regardant les danseurs de salsa. Ce soir là c'est un groupe de danseurs plutôt européens qui ont pris des cours et qui s'exhibent que nous voyons. Mais le groupe de musique nous plait.

Après un petit moment, nous rentrons à la casa, errant dans les rues pavées pour nous reposer avant la journée de cayo blanco que nous avons réservée ce matin auprès d'une agence de voyage.

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