Nous nous levons encore un peu plus tard que la veille, ce repos nous fait du bien. Nous nous préparons à aller découvrir le rio el porvenir et à repasser un moment avec El Médico.
Le petit déjeuner est fidèle à ceux des jours précédents, nos hôtes se détendent à notre encontre. Nous nous sentons bien dans cette famille qui compte depuis la veille une nouvelle personne très joviale et un enfant.
Nous grimpons vers… le parque dolores et trouvons notre contact au même endroit que la veille. El médico nous fera monter un peu plus loin dans la voiture étant donné la présence de nombreux policiers. C’est la fête nationale aujourd’hui et ils sont encore plus présents…
Nous nous mettons en route, discutons plus que la veille avec nos chauffeurs en faisant chacun des efforts pour se comprendre. José se fait à nouveau contrôler par la police ; cela dure plus longtemps qu’hier mais pas de problème particulier. Ces contrôles plus précis sont dûs au fait de la fête nationale.
Nous nous laissons conduire et sourions aux réflexions un peu révolutionnaires de nos compagnons. Nous arrivons au rio par un chemin empli de propagande pour Fidel mais réalisée par les habitants. Décors à base de pierre, de tissus mettant en valeur la politique de Fidel.
Nous croisons sur cette route des chevaux en liberté, voyons au loin la montagne et sommes émerveillés du calme de cet endroit. Le rio El Porvenir est effectivement très beau. Il y a une piscine emplie d’eau coulant de la montagne directement. S’y trouvent un restaurant, un bar dans la piscine, des chaises longues et le décor tout autour ressemble à la jungle une nouvelle fois. Des plantes grasses, des palmiers, un flamboyant dominant le chemin. Nous trouvons ça joli même si Dada ne s’imagine déjà pas rester là la journée.
Le temps est plus gris aujourd’hui et il n’y a pas grand chose à faire sur place. Mais sur le coup, nous décidons de rester là et demandons aux chauffeurs de venir nous chercher vers 15 H 00. Nous voulons rentrer plus tôt afin de terminer l’achat des souvenirs.
Avant de nous installer, nous allons faire un tour autour du rio, empruntons un chemin montant dans la montagne et nous promenons mais avons vite fait le tour.
Nous revenons sur le site, nous installons à l’ombre, allons nous baigner. L’eau semble lourde, c’est étrange mais si elle est fraîche elle n’est pas froide. Nous nageons un peu dans ce décor magique, regardons un groupe de cubains jouer au volley. Dada y serait bien allé mais les équipes sont déjà faites. Nous nous installons sur les chaises et sommes envahis par les moustiques… Les moustiques de Cuba sont petits par la taille mais monstrueux par leurs piqûres ! !
Pour ma part, ma peau réagissant fort aux piqûres, je m’asperge de produit anti moustiques mais ils continuent à venir nous ennuyer. Le climat tropical explique la présence de ces petites bêtes mais ce souci là et le fait que nous nous sentons coincés dans ce coin malgré la beauté du site nous décidé à partir vers la plage de Siboney par nos propres moyens.
Nous ne voulons pas rouler El Médico et Dada trouve l’idée de lui laisser un mot au bar. Nous le rédigeons de français espagnolisé : por El médico, playa siboney 3 hora, gracias, isabelle et daniel. Et s’il ne trouve pas le mot ; nous irons régler la course au parque dolores ce soir.
Le tenancier du bar accepte sans soucis de prendre le mot et nous comprend bien. Comme quoi nous progressons en espagnol..
Nous voici sur la route vers Siboney à pieds. Je me sens un peu coupable du départ mais Dada me dit qu’il se voyait difficilement rester sur place jusqu’à 15 Heures. Pourtant l’endroit était fort bien aménagé et les touristes cubains y étaient relativement nombreux mais il est vrai que ça manquait un peu de vie et que ça fait rapporté, pas naturel.
Nous sommes bien sur le chemin. Au calme, sans bruits de la ville, dans la nature cubaine, main dans la main. Nous arrivons à la grand route, nous renseignons sur les bus éventuels et en trouvons un qui arrive peu de temps après notre arrivée à l’arrêt. Nous voici dans un bus cubain, payant en pesos cubain (1) et heureux de nous débrouiller seuls. Le fait d’être coincés ne nous plaît décidément pas. Le chauffeur nous dépose au bord du chemin menant à la plage. Ce chemin est bordé d’une petite rivière et de nombreux arbres sur les côtés. A l’extrémité du chemin, malgré les avis un peu mauvais quant à cette plage ; nous découvrons un endroit vraiment chouette. Il est vrai que la plage n’est pas composée de sable très fin et qu’il y a un peu de détritus ça et là mais la mer des caraïbes est superbe, fidèle à elle même ; il y a des arbres, nombre de palmiers, des familles jouent dans l’eau. C’est beau et vivant.
Nous faisons le tour du village de Siboney qui est en triste état ; les cyclones… et le manque de réparation. Nous nous rendons compte que nous aurions pu loger là mais nous demandons un peu tout de même ce que nous aurions fait le soir. Nous apercevons au loin accrochée au flanc de la montagne la maison d’un homme un peu fou et qui a fait construire un ballon de foot géant sur le toit de sa maison… Ceci est encore une fois fidèle à la description du guide du routard. Nous nous posons au café de la plage, sirotons une bucanero et décidons de manger ce midi quelques gâteaux secs. Nous mangerons mieux ce soir. Le temps est mitigé mais nous allons nous baigner en surveillant tout de même nos sacs à dos. L’eau est délicieusement chaude et nous sommes bien. Nous nous sentons mieux qu’au rio, heureux de profiter de cette mer vraiment magique.
La pluie se met à tomber telle les pluies tropicales et nous restons dessous, nous amusant à nager, à faire un peu n’importe quoi comme les grands gamins que nous sommes…
Nous finissons par sortir pour protéger les sacs à dos, attendons un peu que ça passe à l’abri en grignotant encore quelques gâteaux et je propose à Dada d’aller nager vraiment pendant que je garde les sacs. Il hésite un peu, ne voulant pas me laisser seule mais j’insiste et il y va. Je le photographie et me fais apostropher par des cubains proposant d’être photographiés. Nous rions. Je retourne un peu dans l’eau avec lui et les cubains voulant être photographiés nous appellent et nous proposent du rhum. Nous buvons donc tous ensemble. Ça c’est vraiment unique à vivre. Nous échangeons, faisons connaissance et nous amusons bien. Puis je sors, guettant toujours un peu si El Médico arrive.
Nous espérons de tout cœur qu’il aura trouvé le mot. Puis je le vois arriver ; il nous a trouvés. Je lui fais des grands signes, il est soulagé de nous trouver ; nous traite gentiment de loco (sot, imbécile). Loco parce que nous lui avons fait peur lorsqu’il ne nous a pas trouvés et loco parce que nous aurions pu partir sans rien dire, sans payer et que nous ne l’avons pas fait…
Il nous emmène à la voiture et nous reprenons le chemin du retour en sa compagnie ; véritablement heureux de notre journée, tant pour la plage que pour l’échange avec El Médico et les cubains dans l’eau que nous saluons d’ailleurs avant notre départ.
José se fait à nouveau contrôler puis nous atteignons bientôt santiago. Dada demande à José comment il voit l’après Fidel. Il fait de grands signes dubitatifs et nous fait comprendre qu’il y aura une période de transition et sûrement un grand chaos… que le communisme aurait du mal à survivre. Il se moque un peu du communisme lorsque nous traversons un nuage de pollution. Il dit : fidel dit : no contamination… communisme no problème, capitalisme tout problème. Nous sourions, comprenons en fait ce qu’il peut ressentir. Nous sommes touchés de sa confiance lorsqu’il échange avec nous. Puis il nous dépose au parque dolores, enfin dans une petite rue perpendiculaire pour ne pas être vus des policiers. Nous payons El Médico, discutons un peu avec les deux, disons que nous partons demain et leur offrons beaucoup de savons et de stylos. Ils nous serrent dans leurs bras pour nous saluer, nous souhaitent plein de bonheur et de réussite. Je dois avouer que l’émotion est vraiment forte et partagée par tous à ce moment là. Nous avons donné nos adresses internet à José. Il nous dit : un jour peut être si on peut, et un jour peut être en France. Nous lui disons, émus, qu’ils seront les bienvenus… C’est étrange ce sentiment de laisser ces gens bloqués dans leur pays ; ça fait mal au petit cœur tout de même.
Nous nous mettons en route vers les magasins pour nos souvenirs mais c’est peine perdue… Tout est fermé c’est la fête nationale !
Nous rebondissons tout de suite comme d’habitude et partons à la recherche de tickets pour les gradins afin d’admirer le carnaval. C’est notre dernier soir, il faut qu’on trouve… Nous allons à la petite cahute que nous avions repérée mais en fait ils vendent des tickets de cinéma.. Nous nous disons donc qu’il faut aller voir sur place, au départ du défilé. Nous retournons donc … au parque dolores qui est sur la route du parque marte. Nous croisons nos chauffeurs qui nous appellent et nous font des grands signes… Nous arrivons sur le lieu du carnaval qui s’anime déjà. Nous nous renseignons auprès de policiers qui nous apprennent qu’il faut les acheter directement sur place au moment du carnaval.
Nous reprenons donc notre balade, cherchons une voiture américaine comme taxi pour nous emmener à l’aéroport le lendemain, la trouvons sur la place de la cathédrale et réservons pour 5 CUC. Cela nous semble convenable puis allons acheter le rhum du retour et de l’eau dans une petite boutique elle ouverte. Nous faisons nos emplettes et le hasard fait que dans le magasin, nous rencontrons la serveuse de la casa de la trova qui était assez bougonne. Elle me reconnaît et me fait alors un grand sourire et un grand signe. C’est amusant de voir les visages des cubains s’éclaircir et devenir si doux lorsqu’ils passent du sérieux au sourire. Je réponds donc volontiers, touchée qu’elle me reconnaisse et me salue ainsi…
Nous rentrons donc à la casa, nos hôtes nous disent qu’ils vont nous réserver eux mêmes le taxi pour le lendemain. Nous acceptons sentant que c’est important pour eux, faisons notre sac, un peu silencieux de par le départ approchant mais gardant notre sourire.
Nous voici donc de nouveau en direction du… parque dolores ! ! Nous pensons à retardement que nous aurions pu photographier nos chauffeurs mais ils ne sont plus là. Ils ne nous ont pas proposé de nous conduire à l’aéroport le lendemain mais un taxi particular a peur des policiers de l’aéroport ! ! Nous buvons un mojito dans le café à l’angle du parque dolores à proximité du groupe de musique pour en profiter en même temps. Le mojito est excellent ! ! nous sirotons, bercés par la musique et profitons de l’instant sans parler du retour..
Nous nous asseyons ensuite sur la place, profitant au maximum de la musique et de l’ambiance de cet endroit. L’alcool nous fait délirer et nous rions volontiers de nos blagues…
Nous rentrons ensuite en flânant à la casa et en prenant quelques photos encore de santiago. Cette ville nous aura véritablement marqués.
Le repas est sympathique, nous offrons les cadeaux nous restant à nos hôtes, parlons de nos enfants respectifs et je sens notre hôtesse touchée qu’il y ait quatre loulous.. ; Nous disons que nous reviendrons sûrement soit à deux soit avec eux et partons pour voir le carnaval qui se termine demain… le jour de notre départ.
Nous voici repartis en haut de la ville. Nous voyons les musiciens que nous avions rencontrés le premier jour du carnaval et les évitons, allons droit aux gradins en papotant toujours.
Nous voici aux gradins et nous nous rendons compte que là encore, il y a une différence entre les cubains et les touristes… Chacun ses gradins…
Avec bien sûr un tarif en pesos cubains pour les locaux et en pesos convertibles pour les touristes.. mais pas le choix, il faut suivre le mouvement et puis ce carnaval était à la base l’objet de notre venue à Cuba !
Alors banco, nous payons et allons nous installer dans des chaises de fortune.. Cuba es Cuba. Nous patientons une bonne heure que ça démarre, puis le feu d’artifice se lance ; chaque soir de carnaval, il y en a un en fait. Nous sirotons une cristal et attendons l’arrivée devant nous du premier groupe. Le début est le même que ce que nous avions vu le premier jour. Nous comprenons donc que chaque soir, c’est le même défilé et en sommes heureux car ça veut dire que nous verrons le groupe de percussions africaines que nous avions suivis dans la rue la veille ! !
Le spectacle est haut en couleurs, en bons danseurs et danseuses, en jolies filles bien costumées.
La musique est tantôt africaine, tantôt cubaine, tantôt musique de fanfare. Il y a de nombreux chars polluants soit mais très beaux et lumineux. Nous voyons bien que tout ceci reste tout de même amateur mais c’est très beau tout de même et nous apprécions.
Nous aurons vu ce carnaval sous toutes ses formes. Sur les gradins, dans les rues, de manière inopinée en nous promenant. Nous sommes très heureux… Nous rentrons à la casa et dada nous sert un cuba libre de sa création. Nous trinquons à tout ça dans la chambre. Nous avons encore bien marché mais ce que nous ressentons le plus c'est l'émotion de ce voyage dont nous mesurons toute la force.
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