La rencontre avec les dauphins

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Cuba - Santiago
de Isadan, le 25-07-2006

La rencontre avec les dauphins

Le rendez vous est pris pour 8 H 45 avec notre chauffeur ; nous préparons nos sacs à dos avec serviettes et bouteilles d'eau, nous déjeunons, réservons notre repas pour le soir. La dame nous met en garde contre le soleil de la plage et nous souhaite une bonne journée et nous nous mettons en route pour ... le parque dolores...
Là nous nous rendons compte que notre chauffeur n'est pas chauffeur mais rabatteur et qu'il y a un autre monsieur pour nous conduire. Il s'agit de José qui nous emmène tous les quatre dans sa Lada blanche.

Au sortir de la ville, José stoppe sa voiture. Un premier contrôle... La police est là et bien là, contrôle les allers et venues de cubains ; vérifie leur permis et sûrement regardent s'ils ne transportent pas de touristes. Les vitres à l'arrière de la voiture sont teintées et personne ne vient nous voir. Nous voici repartis vers l'aquario de la lagune. Le paysage devient moins urbain et l'air est moins pollué.
Nous sommes stoppés par un troupeau de vaches au beau milieu de la route ; josé klaxonne mais elles ne sont pas farouches. Dada dit en blaguant : manifestation !
Et là José rétorque : manifestation en cuba !! loco (ça veut dire, fou va !). Pas possible manifestation ! une seconde manifestation vingt ans de prison ! cela nous fait tout de même froid dans le dos. Fidel exagère quand même ; pas le droit de dire qu'on est pas d'accord. Le rabatteur nous explique : tu peux penser mais pas exprimer... je trouve ça triste tout de même et ai un peu mal au cœur pour les cubains. La route se poursuit, nous apercevons ça et là la mer des caraïbes au travers des palmiers et arrivons à l'aquario. Là personne, c'est fermé ; ça va ouvrir par la suite ; il faut attendre. Cuba... Espera...

En attendant, dada demande si les chauffeurs peuvent nous conduire à l'hôtel carrisol où dada a séjourné il y a trois ans et qui se trouve à proximité. Ils acceptent volontiers et nous y allons. Autre surprise : l'hôtel est devenu un hôpital pour le vénézuela et l'hôtel juste à côté est dorénavant réservé aux cubains... Notre journée de demain semble devoir se modifier mais nous apercevons l'hôtel tout de même de l'extérieur et je peux m'en faire une idée.

Nous retournons à l'aquario et José va se renseigner. Il est maintenant 10 heures, ça ouvre normalement à 9 H mais en fait le personnel n'est toujours pas arrivé; il va arriver mais on ne sait pas quand. José peste : ah cuba, tu peux attendre, une heure, deux heures, trois heures, quatre heures. Mais nous décidons d'attendre. Nous nous installons à l'ombre et vers onze heures voyons le bus des travailleurs arriver !
Nous rentrons et sommes pour l'instant hésitants pour la nage avec les dauphins le prix étant de 39 CUC par personne... mais je refuse de le faire seule. La dame nous conseille de négocier sur le bassin. Nous visitons l'aquarium qui n'est pas terrible. Quelques poissons mais rien d'extraordinaire, nous admirons la mer des caraïbes et surtout sommes bien heureux d'entendre que nous pouvons profiter de la piscine de l'aquario.

Comment décrire le bien être ressenti lors de notre immersion dans l'eau ! nous nous détendons et nous rafraîchissons bien. Nous sommes ensuite appelés pour le show des dauphins, payons une boisson au passage à nos chauffeurs qui ont réussi à rentrer et allons nous installer pour le spectacle. Nous avons eu le temps auparavant de négocier pour le bain et sommes tombés sur un prix abordable. Le spectacle est beau même si ça fait toujours drôle de voir des animaux sauvages dressés ainsi..
A la fin du spectacle, nous suivons la dame et avons décidé de passer chacun notre tour afin de se photographier mutuellement. J'ai un peu peur mais confiance en dada. Je lui demande d'y aller en premier pour que je vois et là l'émotion commence... Nous sommes les seuls à avoir accepter le bain donc avons la piscine pour nous et pas de spectateurs, les meilleures conditions qui soient !!

Le dauphin est vraiment un animal merveilleux, à la peau très douce, et à la gentillesse qu'on sent dès qu'on échange avec lui. Ma peur est vite partie. Nous le caressons et il est devenu mon copain de suite, ne répondant même plus tout de suite au coup de sifflet de sa maîtresse. Il saute au dessus de notre tête et c'est tout de même impressionnant !! puis nous l'attrapons par la nageoire et sommes tirés à une sacré vitesse : quelle force !! puis il nous pousse sur la plante des pieds et réussit à nous faire sortir le buste de l'eau.
Cette sensation est géante, c'est fort, c'est émouvant, c'est unique !! nous sommes comblés et moi qui avais un peu peur, je ne veux plus sortir. On dirait que le dauphin comprend l'homme. Comment fait il pour être aussi doux avec une telle force ! c'est franchement fabuleux.

Nous sommes sur notre petit nuage, repartons avec les chauffeurs qui nous conseillent une plage autre que celle de siboney ; il s'agira de la plage jaguana. Nous arrivons là parmi les cubains, le sable n'est pas très fin mais l'endroit sublime. Nous découvrons des criques sauvages sur la droite, il y a de l'ombre sur la plage grâce aux palmiers et l'eau est chaude. Encore un petit coin de paradis. Un vendeur de la plage nous propose de nous préparer un repas de langouste pêchée le matin même ; il nous la montre d'ailleurs. Nous acceptons et mangeons assis en tailleur dans un coin reculé de la plae. Nous savourons cet instant magique. Assis en tailleur sur une plage des caraïbes en dégustant une langouste pêchée et grillée sur l'endroit. Géant !!

Nous allons ensuite nous promener vers la crique, c'est magnifique, des rochers, des flamboyants des vagues, la mer à perte de vue toute bleue mais aux bleus nuancés. C'est splendide et là il se met à pleuvoir. Nous rions et restons sous la pluie tropicale. ça n'est même pas froid, nous sommes dans la saison des pluies mais en avons eu très peu depuis le début de notre séjour...
Nous retournons vers la plage et là apercevons José mais il n'est pas l'heure pour nous et nous retournons vite nous baigner pour en profiter davantage. José, sympa nous garde nos sacs à dos et nous pouvons ainsi plus nager. Il se remet à pleuvoir, la précédente pluie avait été de courte durée et nous nous baignons avec les cubains sous la pluie dans l'eau chaude ; magique ! magique ! un cubain fait d'ailleurs goûter son rhum à dada et me fait signe d'en prendre avec une telle autorité que je ne refuse pas. Nous sommes adoptés et ça ça fait chaud au cœur.
josé nous fait ensuite signe qu'il est l'heure ; nous repartons. José roule vite, il doit passer chercher de l'essence et nous emmène chez quelqu'un qui en vend au noir. Il nous fait donc confiance. La maison est paumée, les routes sont délabrées et José de répéter sans cesse : ah Fidel ! gracias Fidel prononcé ironiquement ; montrant là son inefficacité à réparer les routes. Il est vrai qu'au quotidien ça doit être dur pour les habitants ! Il traverse un village qui produit les meilleures mangues du pays, nous explique que les vaches sont sacrées pour fidel et que c'est pour ça qu'ils ne peuvent pas se payer facilement du bœuf à cuba. Il est étonné d'apprendre que chez nous le bœuf n'est pas trop cher par rapport à la langouste qui est un produit de luxe. c'est le contraire à cuba... Il nous explique que la vie est chère parfois pour eux aussi et que lui par exemple a deux boulots. C'est ainsi que nous apprenons qu'il est docteur !! C'est en fait pour ça qu'il est pressé. Il doit reprendre son service.. nous étions un peu surpris de voir qu'il était arrivé plus tôt que prévu sur la plage mais comprenons mieux dorénavant.
Il prend donc de l'essence, nous offrons des crayons et des savons à la famille qui l'accueille et sommes remerciés vraiment fortement. José se fait contrôler à nouveau pour rentrer dans santiago mais une seule fois.
Il nous dépose devant le café isabelica dans lequel les gens se sont abrités car il pleut à nouveau. Je sors de la voiture en tee shirt et maillot de bain et suis regardée bizarrement , je me rhabille donc vite dans le café sous l'œil amusé d'un cubain qui dit à sa femme : ah tourista !
Nous retournons eh oui sur le parque dolores où nous réservons le taxi de el médico (surnom de José) pour le lendemain afin d'aller découvrir le rio el porvenir vanté par le rabatteur. Et si ça ne nous convient pas dit il, nous vous déposons à siboney.
La journée a été vraiment super ; José ne nous a même pas réclamé son du c'est nous qui lui avons donné, cela fait du bien d'avoir une relation moins fortement basée sur l'argent avec des cubains... nous allons boire une bière pour arroser ça, repassons devant les magasins que nous avions repérés la veille pour peut être trouver quelques souvenirs mais tout est fermé. Le matin même nous avions dû aller dans une casa de cambio pour avoir des pesos convertibles, les banques étant fermées trois jours à l'occasion de la fête nationale !!.
Nous prévoyons donc de rentrer un peu plus tôt le lendemain pour l'achat des derniers souvenirs et peut être celui d'une lampe indonésienne comme nous avions vu dans plusieurs casas (lampe à allumage tactile).
Nous rentrons, heureux et détendus et allons nous restaurer. La dame s'exclame à la couleur de mes joues : oh mucho sol en playa !!
Nous nous sentons vraiment bien ce soir, revigorés par cette journée paradisiaque : les dauphins !! la plage !! et demain encore de l'eau et ce soir en route pour voir un spectacle de tumba : danse inspirée par les français et mélangeant les styles de musique française et cubaine sous forme de ballets d'antan.

Nous arpentons les rues à la recherche de la tumba française, mais l'adresse a dû changer, il n'y a plus rien.
Nous rebondissons de suite ayant croisé sur notre trajet un groupe de chanteurs et danseurs africains, passant dans les rues et venant chercher les habitants. C'est génial. Nous tentons de les retrouver et rencontrons d'autres groupes. Dada finit par comprendre qu'ils vont tous ainsi au point du ralliement du défilé du carnaval. Nous y allons donc. Il s'agit bien de cela, les troupes passent dans les rues, rallient les gens et les amènent sur la grande avenue. Il y a une ambiance de feu et nous bougeons selon les rythmes des percussions. Nous écoutons, nous vivons le moment, nous admirons, regardons les gens de tout âge danser ; le rythme dans la peau dès la tendre enfance mais ne restons pas ce soir pour admirer des gradins le carnaval. Nous n'avons pas de tickets. En continuant à nous promener nous découvrons toujours un autre groupe d'un autre style c'est prodigieux pour des amoureux du rythme comme nous.

Nous aurons vécu ce soir encore différemment ce fameux carnaval de santiago qui dure six jours, mais qui ne s'essouffle pas au fur et à mesure des jours. Les petits défilent , les adultes défilent ; tous les âges, toutes les castes sociales sortent pour voir. C'est vraiment un grand moment.
Nous redescendons ensuite vers la casa et décidons d'aller boire un verre à la taberna dolores au... parque dolores !! ça devient vraiment une plaisanterie entre nous. IL y a là aussi des musiciens, le mojito est bon, nous parlons de notre journée.

Nous avons prix rendez vous pour 9 H 30 demain pour dormir un peu plus...

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