Arrivée à Santiago

Récits de voyage > journal de voyage
Cuba - Santiago
de Isadan, le 23-07-2006

Arrivée à Santiago

Nous nous levons à 8 H 00 pour un départ de Bayamo à 9 H 45.

José nous indique le chemin jusqu'à la gare de Viazul. Nous les saluons chaleureusement et partons à pieds vers la gare. C’est vraiment le meilleur accueil que nous ayons eu. José a d'ailleurs appelé Santiago afin de les prévenir de notre arrivée et a demandé à ce qu'une voiture nous attende afin d'éviter les jineteros fort présents à Santiago. José nous a d'ailleurs bien mis en garde sur le fait de ne jamais se promener avec un signe extérieur de richesse (montre, bijoux, appareil photo) ou avec le passeport... d’autant que c’est la période du carnaval dans cette deuxième ville de Cuba.

Nous procédons aux mêmes démarches administratives qu’à l’accoutumée même si selon les lieux, elles ne prennent pas toujours le même temps. Nous chargeons nos bagages et partons pour Santiago à 9 H 45 précises. Le trajet devrait durer environ deux heures. La végétation que nous rencontrons est luxuriante, le paysage est magnifique ; nous apercevons la Sierra maestria de loin et traversons trois rios. C’est curieux cette sensation du bout du monde mêlée à une vie bien présente sur les bords de la route. Nombreux sont les cubains rejoignant leur bourgade à pieds.

Nous sommes toujours émerveillés de ce que nous découvrons, sommes parfois fatigués de ces vacances qui ne sont pas des vacances mais un voyage mais sommes heureux.

Nous avons donc abandonné le passage par Santo Domingo même si un hôtel y était réservé. Le fait que nous ayons beaucoup d’incertitudes sur la sierra maestra nous a poussés à décider ainsi. Nous reviendrons une prochaine fois pour la découvrir… Nous avons décidé d’aller à santiago et de repartir de là pour passer deux jours à siboney en cherchant une chambre sur place, avant de revenir pour Santiago.

A notre arrivée à la gare de Santiago, nous sommes littéralement assaillis par les jineteros mais disons que nous attendons un ami. Toutefois personne n’arrive. Un des rabatteurs ne nous lâche plus mais il faut bien avouer qu’il nous aide, on se doute pas gratuitement mais il nous aide. Il montre à Dada comment téléphoner à josé pour lui demander où est le chauffeur prévu, il propose ses services de taxi, de casa et pour une fois nous sommes vraiment contents de dire que nous avons réservé via cubalinda. Ce monsieur nous dit tout de même qu’avec le carnaval, même ceux qui ont réservé ne sont pas sûrs d’avoir une place.

Tout se bouscule un peu en nos têtes. Que faisons nous ? nous venons d’apprendre que finalement le chauffeur ne viendra pas, la voiture étant cassée, nous nous demandons s’il faut aller directement à siboney, s’il faut aller confirmer notre vol intérieur prochain préalablement à l’aéroport, nous réfléchissons. Et l’idée vient. Nous décidons d’aller en taxi chez la dame devant nous héberger à Santiago et déjà s’assurer que notre chambre est bien réservée. Ainsi, nous nous libérerons également du rabatteur et ferons le point.

Celui ci nous accompagne avec le chauffeur de taxi, espérant réussir à nous reloger lui même. Nous arrivons chez Térésa notre hôtesse prévue qui nous apprend qu’elle n’a pas de chambre libre mais nous ne sommes même pas surpris, c’est comme toujours.. Elle nous emmène donc chez la personne qui nous accueillera. Le rabatteur nous suit des yeux même si dada dit que c’est bon et le paye pour le taxi et ses services.

La maison dans laquelle nous serons logés est vraiment jolie. Nos esprits galopent. Allons nous tout de même à Siboney passer deux nuits ou restons nous ici 4 nuits et allons nous à la journée à Siboney ? C’est finalement moi qui suggère de rester ici 4 nuits afin de ne pas revivre cette épopée et au vu de la chambre vraiment confortable, climatisée et avec salle de bains indépendante, nous actons pour 4 nuits.
Nous nous enregistrons (inscription du passeport), prenons une douche et prenons le temps de déballer nos affaires. C’est la première fois que nous nous installons un peu et sommes heureux de le faire. Nous réservons notre repas pour ce soir, demandons où et comment se passe le carnaval et après avoir préparé notre sac à dos partons à la découverte de Santiago. Nous sommes dimanche, les recherches de moto ou scooter à louer ou la confirmation de notre billet de vol intérieur seront pour demain.

Ça y est ; nous sommes dans la ville du carnaval. La ville dans laquelle dada a déjà passé deux jours lors de son précédent voyage. Il avait dit je reviendrai pour voir le carnaval, l’ayant raté de peu et pour ses 50 ans, nous voici, remplissant la mission avec ce plus, la traversée de Cuba ! !
La casa est bien située, au centre de la ville historique. Nous arrivons sur la place de la cathédrale que reconnaît de suite dada, cherchons un endroit pour manger parce qu’il est 15 H 00 et que nous n’avons rien déjeuné. Les rues montent, sont agitées, décorées pour certaines pour la fête nationale mais bien moins qu’à Bayamo. Nous retrouvons La Taberna Dolores, sur le parque dolores, un endroit où était allé Dada et je découvre ce lieu très joli, situé dans une grande maison ; les tables pour la plupart entourent une cour intérieure comportant de grands arbres. Un groupe de musique traditionnelle nous émeut les oreilles et le cœur et nous étudions le guide du routard en sirotant notre bucanero et en mangeant un plat léger.

Nous entamons notre visite de Santiago, marchons sous le soleil tapant fort à Santiago. En fait la chaleur est plus sèche mais plus forte. La ville est charmante, il y a trois parque principaux,

 le parque cespedes où est située la cathédrale et où on aperçoit le balcon d’où Fidel fait régulièrement ses discours et notamment son premier lors de la victoire de la révolution. On y voit également de belles maisons coloniales dans lesquelles sont implantées les banques et divers magasins ou agences de voyage et de locations que nous repérons pour le lendemain. On y voit enfin l’hôtel casa grande bien situé pour boire un verre puisqu’il permet d’apprécier la vie du parque. Il est vrai qu’il y a toutefois beaucoup de police mais elle reste discrète.

 Le parque dolores, encore plus charmant. On y trouve des bancs, des grands arbres apportant cette ombre bienfaitrice et recherchée, la taberna dolores et surtout un groupe de musique cubaine traditionnelle qui joue en permanence. C’est envoutant, nous nous sentons bien. Le population est mixte et nous voyons en cette ville beaucoup mieux l’histoire de Cuba et notamment l’histoire humaine liée aux différents invasions. En continuant notre promenade, nous nous rendons compte qu’à chaque coin de rue, un groupe joue. Les gens dansent, c’est chaleureux et franchement génial.

 Le parque marte qui est moins vivant mais sur lequel est également installé un groupe de musiciens.

Nous repérons les lieux du carnaval, réussissons à obtenir une affiche en allant au siège de l’organisation et redescendons vers la casa en flânant. Nous apercevons sur le parque dolores un spectacle affligeant d’une grosse dame dansant sans retenue et attirant les hommes en remuant des fesses. C’est affligeant mais personne ne cesse de regarder, c’est tellement étonnant…
Nous partons ensuite découvrir, sur les conseils du guide du routard la casa de la Trova. C’est un CUC l’entrée mais nous décidons que ça vaut le détour et ne le regrettons pas. Un groupe de musiciennes cette fois joue dans un patio joliment décoré, plus selon l’art Taïnos, avec sur les murs les photos des grands musiciens étant passés par là dont Compay Segundo le créateur de la musique Son. Il y a des dédicaces sur le mur, la musique est belle, nous sirotons un cuba libre sur les conseils de la serveuse qui s’est attelée à nous faire boire ça plutôt qu’un mojito pour nous faire économiser de l’argent.. ! ou alors avait elle la flemme de le préparer ? Le personnel n’est pas très souriant mais l’endroit est merveilleux. C’est magique et fort.

Nous rentrons à la casa, nous douchons et passons à table. Le repas est terriblement copieux et nous avons mal au cœur de laisser des choses mais ne pouvons pas finir. Nous goûtons pour la première fois un pain de maïs, spécialité cubaine, très bon mais fort farineux.

La famille est très discrète, endeuillée de la perte de leur fils qui s’appelait daniel.. mais si elle est discrète, elle est très accueillante et serviable.
Après le repas, nous nous mettons en route pour le carnaval de santiago ! ! ça y est ! !
Nous remontons jusqu’en haut de la ville après le parque marte, découvrons des gens qui attendent le début du défilé et des gradins. Nous nous approchons en nous frayant un passage et parvenons jusqu’à la limite de début. Les policiers nous expliquent qu’il faut essayer de trouver une place mais un musicien nous accoste en nous proposant de défiler avec eux et demandant à daniel de tenir le tambour et d’éventuellement en jouer pendant le défilé. Nous rions, n’en revenons pas et discutons, un peu étonnés tout de même, avec eux. Ils nous proposent d’acheter leur disque mais nous disons que nous n’avons pas d’argent sur nous. Nous avons suivi les conseils de nos hôtes et cachés tout signe d’argent ou de richesse. C’est pas grave disent ils, vous n’aurez qu’à venir demain l’acheter et ils nous offrent leur bière, la même que celle vendue à Bayamo. En fait le carnaval est une cubana géante, c’est bayamo en bien plus impressionnant comme fête avec en plus le côté spectaculaire des géants du carnaval.

Cuba es Cuba, Cuba espera, nous patientons et attendons que ça démarre… enfin à 22 H 00 ça y est. Nous partons en premier avec le groupe et sommes dans le carnaval, nous n’en revenons pas !
Nous comprenons toutefois vite que les musiciens ne laisseront pas dada jouer et qu’ils cherchaient des porteurs de bière ou encore des touristes pouvant leur offrir à boire mais vivre le carnaval en étant dans le défilé ne serait ce qu’une heure, c’est géant ! !

Nous les quttons parce que nous ne nous voyons pas faire ça jusqu’à trois heures du matin et préférons chercher à découvrir par nous mêmes et partons à la découverte de cette énorme fête. Nous ne restons pas pour tous les chars hauts en couleurs et aux filles très belles, nous avons encore trois soirs devant nous.. et arpentons les rues. Il y a la fête partout ! de multiples stands sont ouverts avec vente de sandwiches au jambon ou au porc grillé pour quelques pesos cubains mais nous n’y touchons pas, voyant les conditions sanitaires. Rien au frais, les serveurs qui farfouillent dans le cochon avec leurs doigts…

Il est vrai qu’à cuba, les boucheries ne ressemblent pas aux nôtres. Ils disposent la viande sur des étals en bois sans réfrigérer et avec les mouches en plus…
Mais les cubains mangent, et font la fête. La bière coule à flot (1,5 litre pour 1 peso cubain donc 24 moins qu’un euro). Dans les rues adjacentes à celle du défilé, il y a une fête énorme. Des groupes de musique, de la sono criant du reggaeton, malheureusement fort à la mode, des gens en foule dansant et dansant et dansant… et partout de la bière (des stands de bière cubaine et des stands pour les touristes où la bière est plus chère et pas la même…). Nous sentons cette différence partout. Elle est cultivée pour leur apporter des ressources supplémentaires.

Au détour d’une autre rue nous découvrons tout un tas de manèges d’antan, une vraie foire du trône mais avec des manèges bien plus anciens et pas sécuritaires du tout…c’est la folie ! Nous observons médusés les enfants balancés dans tous les sens dans un manège actionné par un genre de vélo ou par des vieilles pédales ! ! Il y a des chevaux à pédales, des genres de rosalies. On se croirait 50 ans en arrière chez nous. Cela fait plaisir de voir les enfants s’amuser. On ne peut soupçonner la présence d’autant d’habitants à santiago quand on voit le peuple présent dans ces rues. Nous progressons dans ces divers endroits, effarés de découvrir cette énorme organisation. Il y a même un feu d’artifice. Nous sommes regardés régulièrement mais n’avons pas de réflexion. C’est fabuleux à vivre, il faut le voir pour le croire de toute manière. Nous nous sentons bien parmi les cubains, les rires des enfants, les gens qui dansent, qui chantent et aimons aller de surprise en surprise ainsi. Nous buvons une dernière bière dans un café donnant sur le début du défilé mais choisissons une bucanero. La bière cubaine n’est pas chère mais arrache un peu le gosier…
Et nous décidons de rentrer, il est une heure du matin et l’ambiance n’a pas diminué du tout encore, c’est une braderie de lille géante mais plus colorée et plus musicale…
Nous parlons et parlons sur le chemin du retour de ce que nous avons encore découvert ensemble, sommes HEUREUX, retrouvons facilement notre casa et nous couchons pour un repos bien mérité après avoir parcouru rien que pour la soirée 4 km bien tassés.

retour aux autres articles du journal

 

Commentaires sur cet article

Ajouter votre commentairee

Dernieres actualités
28/07/2006 : Dernier jour à la capitale
27/07/2006 : Vol intérieur Santiago - la Havane
26/07/2006 : Le rio el porvenir et la plage de siboney
25/07/2006 : La rencontre avec les dauphins
24/07/2006 : "Journée galère" à Santiago
22/07/2006 : En route pour Bayamo
21/07/2006 : Cayo blanco
20/07/2006 : Le parque El Cubano
16/07/2006 : Notre arrivée
19/07/2006 : En route pour Cienfuegos
18/07/2006 : Visite de Santa Clara, la ville du CHE
17/07/2006 : Première journée du voyage


Autres liens :

Tags
Arrivée à Santiago - Santiago - Cuba -