c’est Joséphina. Il est 7 H 30. Dada se lève en catastrophe et va aux nouvelles, il faut être à 8 H 30 à la gare des Viazul, il n’y a qu’un départ pour Santa Clara à 9 H 30 et il faut être là une heure avant..
Nous déjeunons rapidement, payons joséphina pour les petits déjeuner et le diner et descendons rapidement en bas de l’immeuble héler un taxi après avoir reçu une accolade très chaleureuse de notre hôtesse.
Nous arrivons à bon port à la station de bus qui est organisée comme un aéroport. Enregistrement des bagages et salon d’attente avant l’embarquement. Ce salon d’attente s’appelle salon espera (espera voulant dire attendre). De suite, cette pancarte portant le nom « salon espera » me touche et me dit au cœur que c’est l’expression même de ce pays. A cuba on attend pour tout et ce mot espera va bien au delà de l’attente, il signifie toute la force de l’espoir dans l’attente des gens…
En tous les cas, le bus part à 9 h 30 précises via Santa Clara la ville du CHE. Nous nous enfonçons un peu dans les terres et le paysage devient de plus en plus diversifié. Il y a des endroits où la terre est rouge, où la végétation devient plus luxuriante puis de nouveau plus aride avec des champs bien dessinés, puis des palmeraies. Il n’y avait pas beaucoup de palmiers à la capitale en fait à part quelques uns dans les jardins de certaines maisons ou les cours des hôtels.
Nous parcourons un peu moins de 300 km et nous sentons encore plus proches de l’âme cubaine. Peut être parce que nous sommes plus à la campagne, que nous voyons plus de personnes à cheval, en charrettes. Peut-être parce que le paysage nous semble plus authentique qu’à la ville.
Nous arrivons à destination vers 13 H 00, évitons les jineteros et allons nous restaurer dans la cafétéria située juste en face de la station après avoir déjà réservé notre bus de demain pour Cienfuegos.
Nous nous restaurons tout en lisant le guide du routard pour étudier la meilleure façon de visiter la ville. Nous n’avons qu’un jour.
Nous sommes logés ici en hôtel et le rejoignons grâce à un drôle de taxi ! Charrette tirée par une mobylette pas très en forme et qui menace de ne pas parvenir au sommet de la côte ! Mais nous arrivons à bon port pour 3 CUC mais sans sourire de ce conducteur que nous avons apparemment dérangé. Cela nous fait sourire et nous entrons dans l’hôtel Los Caneyes situé à 2 km 5 du centre de la ville. L’hôtel est très joliment fait, ce sont plusieurs ensembles de bungalow, tous décorés selon l’art Taïnos ; les Taïnos étant les premiers êtres indiens à avoir vécus sur l’île comme à Haïti avant la conquête de Christophe Colomb et leur extermination par cet homme sans pitié. Il y a une piscine mais nous n’avons pas le temps pour l’heure d’y plonger. Nous déposons nos affaires dans une chambre au toit de paille , au décor en animaux de bois et climatisée ! Nous prenons de l’eau, des gâteaux et partons en direction du musée du CHE.
Le vigile de l’hôtel nous dessine un plan bien précis afin de nous indiquer le chemin à prendre et nous nous comprenons malgré nos trois mots d’espagnol.
J’ai la curieuse idée de proposer de faire le parcours à pieds. Cela nous permet d’économiser un taxi et de marcher dans la nature, d’emprunter le moyen de locomotion le plus usité par les cubains, les pieds… Dada accepte tout de suite bien sûr et nous nous mettons en route. Parfois une voiture immatriculée avec un T signifiant touriste passe à nos côtés mais pas un ne s’arrête pour savoir si éventuellement nous aurions besoin d’être déposés quelque part.. Besoin d’un commentaire pensez vous ?
Nous nous approchons du musée et du mausolée et apercevons de loin la statue du CHE. Il y a des enfants nous accostant afin d'avoir de l'argent ; notamment un en cheval et insistant un peu.
Nous sommes impatients d’entrer dans le musée du CHE. L’entrée d’un CUC est gardée par une policière. A cuba beaucoup de policiers sont des femmes ; ce pays est très paritaire et dans chaque corps de métier que nous avons pu rencontrer il y avait la mixité totale.
Nous entrons dans le royaume de ce grand homme et là l’émotion grandit en nous deux. Pour ma part, à la lecture de sa vie, de ce qu’il a fait pour le peuple sans jamais chercher à gagner le pouvoir ou la reconnaissance ; face à son courage, son humilité et sa bravoure, je me découvre un engouement pour le personnage. Pour Dada, c’est voir en images, en lettres et en objet ce qu’il savait sur lui. C’est un très bon moment que nous passons là, nous sommes tous deux conquis. Ernesto Che Guevera était à la base médecin et il n’a pas hésité à prendre les armes, à mettre au point un plan d’attaque triomphant pour santa clara et à combattre avec ses compatriotes guerilleros sans vergogne !
Nous apprenons que Santa Clara a été un point décisif dans la prise de l’île par les guerilleros.
Le Che a programmé l’attaque d’un train blindé (trene blindado) afin de récupérer des armes ; a remporté ce défi et donnant ainsi force et munitions aux guerilleros pourtant bien moins nombreux que l’ennemi a conquis santa clara le 28 décembre 1958. Il entrera à la Havane par la forteresse le 2 janvier 1959 ; batista le tyran américain ayant pris peur et abandonné le combat .
Pas étonnant qu’il soit tant mis en exergue…
Nous tentons de prendre quelques photos du musée mais sommes bloqués par la garde et visitons ensuite le mausolée. L’émotion grandit encore. Les cendres du CHE mort en 1968 en Bolivie sont en ce mausolée avec celles de la plupart de ses compagnons. Un compatriote a été quant à lui enterré avec sa famille et d’autres corps n’ont pas été retrouvés. A l’intérieur de ce mausolée, règne une ambiance de solennité et de respect. Chaque jour une nouvelle fleur est déposée sur la tombe du CHE et le décor représente l’endroit de sa mort.
Nous savourons ce lieu, sortons ensuite et photographions la statue du CHE qui porte l’inscription « hasta victoria siempre » « jusqu’à la victoire toujours ». A la droite de la statue est gravée la lettre que ce héros légendaire a écrite à Fidel Castro avant de partir.
Puis nous décidons de partir visiter le train blindé à l’autre bout de la ville. Nous rencontrons un groupe d’irlandais à qui dada demande s’ils n’ont pas une carte pour nous indiquer la route. Ils nous renseignent bien volontiers et nous communiquons en anglais. Au vu de l’heure nous y allons au pas de course ; à pieds ; comme les cubains. L’eau diminue, la fatigue est présente mais le cœur au top, HEUREUX nous donne les forces nécessaires. Le bulldozer est là, le train aussi transformé en musée avec armes, photos, lit des trouffions. Nous réussissons à imaginer le CHE marchant ici et là, organisant les choses et fêtant la victoire avec ses compagnons.
La chanson « che guevara » retentit à nos oreilles.
Puis nous reprenons la route du retour tranquillement en flânant jusqu’au parque vidal, place centrale de la ville comportant de très belles maisons coloniales et un kiosque à musique. Nous découvrons grâce à notre « bible » le guide du routard le café du théâtre et dégustons une bière amplement méritée (découverte de la bucanero… délicieuse bière). Nous découvrons qu’un groupe de musique traditionnelle vient jouer là ce soir et décidons d’y revenir mais de rentrer nous changer auparavant. Nous reprenons donc la route du retour toujours à pieds vers l’hôtel en repassant devant l’autel du CHE.
Nous nous y arrêtons de nouveau afin de prendre quelques photos plus tranquillement, sans garde, arrivons à l’hôtel, nous changeons, croisons à nouveau les irlandais qui nous avaient aidés l’après midi et décidons de faire appeler un taxi pour nous emmener en ville, nos jambes ayant déjà bien travaillé.
Cependant, ceci s’avère impossible, pour nous faire manger à l’hôtel ?
Nous nous posons la question mais ne cédons pas et partons à pieds, Dada le pouce levé afin d’interpeller un véhicule.
Un bus passe et s’arrête à notre hauteur. Il s’agit du bus des travailleurs de l’hôtel, nous y reconnaissons le vigile qui avec son grand sourire a le visage transformé.
Les cubains à l’air sévère qui sourient vous offrent un visage vraiment autre, c’est fabuleux à observer.
Ils nous emmènent bien gentiment et sans rien nous demander au cœur de la ville, nous mettant en garde sur le côté imprudent de marcher seuls en pleine nuit lorsqu’on est des touristes et nous déposent près du café du théâtre.
Là nous réservons un taxi pour le retour, cherchons un lieu pour manger et terminons finalement au café du théâtre pour grignoter un sandwiche avec une bière qui s’avèrent d’un tout autre prix que l’après midi !
Il est une chose que nous remarquons ; la vie est chère à cuba pour les touristes. Déjà nous devons payer en pesos convertibles qui sont 25 fois plus chers que les pesos cubains et parfois les prix grimpent à une vitesse vertigineuse. Cela fait partie de la politique de Fidel. Faire payer les touristes, ils ont forcément de l’argent. Les cubains nous indiquent qu’ils pensent ça et ils ont parfois du mal à comprendre que les touristes n’ont pas forcément tant d’argent que ça.
Mais, Cuba es Cuba…
Un groupe de papis arrive et se met à jouer de la musique Son, musique cubaine traditionnelle. Il s’agit d’un groupe de sept personnes (septeta) et c’est fabuleux, magique de les entendre là, en direct dans un petit café de la ville du Che en sirotant notre premier mojito.
Puis nous décidons de rentrer et… notre taxi n’est plus là…
Donc, nous reprenons la marche et dépassons sûrement les 15 Km pour ce jour mais que d’émotions, diverses et variées. C’est notre premier jour dans une ville plus au cœur du pays et nous sommes véritablement comblés par ce que nous y avons vécus.