Première journée du voyage

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Cuba - La Havane
de Isadan, le 17-07-2006

Première journée du voyage

Nous nous préparons vite fait et allons dans la salle à manger où il fait déjà chaud. Le petit déjeuner constitué de jus de goyave excellent, de sandwiches jambon fromage, de fruits et de café cubain (sucré) est plus que copieux.
Nous regagnons notre chambre et organisons notre journée de visite, guide du routard en main. La journée sera consacrée à la rencontre avec la Havane tout en cherchant une voiture de location. Nous sommes appelés par un certain roberto (nous comprenons humberto (notre correspondant cubalinda) et pensons qu’il s’agit là de notre correspondant) avec qui nous avons rendez vous à 12 h 00 devant le capitole.
Nous partons donc en balade, sac à dos au dos avec de l’eau. Il fait chaud et humide et nous gagnons vite le malecon (digue) afin d’avoir de l’air. Il s’agit de ce côté de l’océan atlantique avec de gros rochers mais en quelque sorte la mer des caraïbes puisque même l’océan atlantique est chaud aux caraïbes. En fait la Havane est divisée en plusieurs parties. Il y a les quartiers du Miramar, du Vedado, du Centro, de la Habana Vieja (vieille havane) et du port. Nous sommes dans le quartier du Vedado et partons de là vers les différents hôtels, Cohita Melia, Riviera, Habana libre, Hôtel Nacional (hôtel construit pour Al Capone par les américains, lieu de prostitution) (grandes barres) afin de trouver les agences de location. Toutes nous répondent : plus rien de libre, peut être manana (demain, un demain qui se veut lointain). Malgré ces réponses négatives, nous sommes heureux de découvrir la havane, nous acclimatons peu à peu et sommes littéralement bouleversés par la campagne de propagande anti américaine. Il s’agit de grands panneaux publicitaires avec par exemple une photo de Hitler le signe + une photo de bush le signe = et une photo représentant un monstre. L’Amérique = Terrorisme, etc etc. Plus nous nous approchons du monument aux morts pour la révolution plus il y a de propagande. Nous nous arrêtons un moment face à ce monument mais sommes sifflés par la police : interdit de rester là ! il y a pourtant deux double voies entre le monument et nous mêmes mais interdit tout de même. La police est omniprésente mais est en général discrète.

La musique n’est pas très présente tout du moins en journée dans le Vedado. Nous prenons un coco taxi (mobylette tirant un genre d’œuf jaune) pour rejoindre roberto au capitole dans la Habana Vieja. Le chauffeur parle français et nous explique certaines choses. Nous n’avons pas trouvé de voiture mais avons le cœur heureux.
Il est 12 H 15, le Capitole est un lieu très touristique avec beaucoup de gens proposant un billet du che ; une visite, des cigares, du Ron… Le Capitole est une immense bâtisse créée par un dictateur de passage à Cuba.

Roberto nous accueille, il n’est pas notre correspondant mais est là pour nous renseigner sur la vie à Cuba. Il nous emmène dans sa lada (portes à nu, voiture bien endommagée) chez une amie à lui faisant de la restauration comme petit métier en plus au black. Nous sommes coincés et allons donc nous restaurer dans une famille cubaine au delà de la habana Vieja après le port. Repas de festin : Daikiri, fruits servis en entrée afin de mieux fixer les vitamines , langouste froide, queue de langouste avec riz moro y christianos (riz noir et haricots), bananes frites, flan et café (12 CUC et 1 CUC = environ 1 euro). Nous invitons Roberto même si ça n’était pas prévu et il est vrai que nous passons un très agréable moment avec de drôle de personnage. Il parle très bien français, est très cultivé autant sur cuba que sur la France, est docteur et en même temps parfois guide, parfois contact de cubalinda. Il nous conte l’histoire de Cuba, le fait que les anglais ont détenu l’île pendant un an, les espagnols la récupérant en échangeant la Floride contre la seule ville de la Havane, la révolution de 1959 rendant le pays aux cubains le 2 janvier, et chassant les américains qui s’étaient appropriés l’île espagnole en 1898 et qui s’en servaient comme « défouloir » à prostitution, mafia et autres excès.
Cuba est un sytème communiste fidèliste. Un chauffeur ou un serveur gagnent plus qu’un docteur. Roberto par exemple doit avoir deux métiers pour s’en sortir. Mais alors… comment convaincre ses enfants de l’utilité de faire des études ?
La plupart des gens font des petits boulots à côté du leur, c’est le système D. Malgré ces défauts énoncés, Roberto nous apprend que la santé est gratuite ainsi que l’école mise à part les uniformes. Le gouvernement fournit un litre de lait par jour par enfant jusqu’aux 7 ans de celui ci pour 0.10 pesos cubains ! (sachant que pour 1 CUC on a 24 pesos cubains et qu’1 CUC est un peu moins d’un euro…). Je retiens des propos de Roberto la phrase suivante : à cuba tout est symbolique, les salaires sont symboliques mais le prix d’une litre de lait pour les parents l’est également, ainsi que le prix de l’uniforme ou de participation à la crèche.

Par contre le prix de l’essence est chère depuis l’embargo américain, l’approvisionnement se fait en majeure partie via le Vénézuéla.

Roberto dit que son pays a des problèmes mais qui ne sont pas uniquement liés à l’embargo. Il dit qu’il y a des choses à revoir, pas au niveau de la santé ou de l’école ou de la nourriture mais des choses à réfléchir. Par exemple ils ont énormément de difficulté à acheter une voiture. Il y a beaucoup de vieilles ladas ou de voitures américaines datant encore de 1959 et les cubains sont de vrais génies en tant que techniciens automobiles mais ils ne peuvent acheter de nouvelles voitures. Pourquoi ?

Parce que leurs salaires officiels ne sont pas assez élevés et que même s’ils se débrouillent avec des petits boulots supplémentaires, leur fiche de paie n’indique que le revenu officiel.. et la boucle est bouclée. Les cubains ne sont pas malheureux en soi mais sont bloqués, financièrement bloqués, politiquement bloqués et dans leur île bloqués. Ils n’ont pas le droit de quitter le pays comme ils veulent (une fois tous les 5 ans environ) et encore faut il qu’ils en aient les moyens…

A nos deux cœurs de socialo communistes, il démontre même s’il n’en avait pas besoin que le régime fidéliste est empli de très bonnes idées et intentions. Il est vrai que dans la capitale, nous ne voyons aucun mendiant et pourtant nous l’arpentons à pieds et en tout sens. Une réflexion à mener par rapport à notre monde de capitalistes… et cette réflexion nous le savons déjà ne sera pas à mener uniquement sur le plan financier…

Après le repas, et une petite coupure d’électricité Roberto nous redépose à la Veille Havane devant une banque et une agence de location. Toujours aucune voiture mais l’envie de flâner dans la vieille ville tout simplement. C’est littéralement superbe et émouvant, de grands demeures coloniales en train d’être restaurées suite au dernier cyclone et ce grâce à l’aide de l’UNESCO (patrimoine international depuis 1982).

Nous sillonnons les rues, admirons, photographions et nous laissons envahir par la musique à chaque coin de rue. Nous croisons toujours des groupes différents, pas de sonos. Un jineteros (personne rabatteuse cherchant à faire payer un service) nous accoste pour nous faire voir le café où a été filmé buena vita social club mais nous réussissions à nous en défaire et sirotons notre première bière cubaine sur la place de la cathédrale, magnifique cour pavée entourée de musées tous contenus dans des maisons coloniales de couleur pastel différentes.

Les gens sont tous souriants, nous nous dépaysons de plus en plus et reprenons la route vers la casa en traversant les rues animées du centro habana. Nous rentrons fatigués de notre marche à pieds mais le cœur ému. Nous abandonnons l’idée de la voiture et décidons de prendre demain le viazul vers Santa Clara. Le voyage se veut dorénavant un peu plus routard et cela nous fait plaisir à tous deux.

nous nous laissons envahir peu à peu par l’âme cubaine afin de comprendre davantage ce peuple donneur de leçons sans le vouloir ; s’amusant d’un rien, n’ayant que très peu de loisirs mais toujours en train de danser ou de chanter du plus petit au plus grand. Un seul jour nous suffit pour comprendre cela déjà.

Je connais pour ma part pas mal de gens français qui s’ennuient autant pour un rien que les cubains s’en amusent. A méditer, non ?



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